
La rentrée 2012, préparée essentiellement par le précédent gouvernement, reste marquée par le manque de moyens, même si le nouveau ministre a annoncé et mis en œuvre quelques mesures dont la plus emblématique est l’abrogation du décret portant sur l’évaluation des personnels. Les établissements devront donc continuer à se débrouiller pour gérer la pénurie. La lettre aux personnels adressée par V. Peillon en juin n’annule pas la circulaire de rentrée publiée en mars 2012, mais en tempère certains aspects. Cependant, elle ne remet en cause ni la notion même de socle commun au collège ni la réforme des voies générale et technologique du lycée. Le changement le plus notable est l’attribution, pour cette année scolaire et en attendant une nouvelle réforme de la formation des enseignants, d’une décharge de service de 3 heures pour les stagiaires, décharge compensée par des créations d’emplois correspondantes. Ceci reste toutefois insuffisant. Le SNES attend une véritable rupture, portée par les personnels. Les États généraux du second degré qu’il organise avec le SNEP et le SNUEP sont le premier rendez-vous pour peser pour une véritable « refondation de l’École ».
LIVRET PERSONNEL DE COMPÉTENCES ET SOCLE COMMUN
Le livret personnel de compétences est maintenant clairement perçu par tous comme un outil redoutable, impossible à renseigner sérieusement et donnant peu à voir des acquisitions réelles des élèves. S’il est maintenu à la rentrée, il est qualifié d’ « inutilement complexe » par le ministre et d’ « illisible et bureaucratique » par le candidat Hollande. Il sera réformé profondément. Autant de raisons de ne rien se laisser imposer avant la fin de la Troisième.
ACCOMPAGNEMENT PERSONNALISE EN SIXIÈME
La circulaire n° 2011-118 du 27-07-2011 substitue à tout ou partie des 2 heures d’ATP un accompagnement personnalisé. Il est destiné aux élèves en difficulté, notamment à ceux qui n’ont pas validé le palier 2 du LPC (module de remise à niveau) et peut être complété par des PPRE.
Après le PPRE « passerelles », cette mesure marque la volonté de « renforcer la liaison entre l’école primaire et le collège ». Ces heures peuvent être assurées par un professeur des Écoles et s’inscrivent dans l’idée d’une « école du socle » qui tend à fondre école et collège dans une même entité. En outre, ces heures peuvent être annualisées (à raison de 36 ou 72 heures). Il convient de s’opposer à cette substitution en s’appuyant sur l’arrêté de 2002 qui reste le seul texte réglementaire valable.
ÉVALUATION EN FIN DE CINQUIÈME
L’expérimentation d’une évaluation de la maîtrise du socle en français et mathématiques en fin de Cinquième a été imposée au dernier moment à nombre d’équipes. Cette évaluation, qui porte le risque de légitimer une préorientation dès la classe de Quatrième, ne devrait pas être maintenue cette année pour une évaluation de l’expérimentation « avant une éventuelle généralisation ».
DIPLÔME NATIONAL DU BREVET 2013
Les modalités d’attribution du DNB ont été modifiées par la note de service 2012-029 (BO n° 13 du 29 mars 2012).
Elle supprime la série technologique et modifie les trois épreuves terminales des deux autres séries. Pour tous les candidats, l’épreuve « évalue les connaissances et compétences définies par le socle commun au palier 3 ». Dans ce contexte, l’introduction du QCM en français et en mathématiques, la suppression du paragraphe argumenté en histoire-géographie-éducation civique et le centrage sur la restitution des repères font courir le risque d’appauvrissement des exigences.
Le SNES continue de contester la note de vie scolaire, l’épreuve orale d’histoire des arts, la validation obligatoire du socle pour l’obtention du DNB et demande une épreuve terminale de LV. Il veillera à ce que le DNB ne se réduise pas à terme à la validation du seul Socle.
ENSEIGNEMENT INTÉGRÉ DE SCIENCE ET TECHNOLOGIE
Circulaires n° 2011-038 du 4/03/11 et 2011-089 du 14/06/11 pour la classe de Sixième
Notre analyse : www.snes.edu/-eist-enseignement-integre-de,5212.html
HISTOIRE DES ARTS
Arrêté du 11 juillet 2008 : BO n° 32 du 28 août 2008 Arrêté brevet : BO n° 31 du 27/08/2009. Circulaire concernant l’épreuve : BO n° 41 du 10 novembre 2011
Notre analyse : www.snes.edu/-Histoire-des-arts-nouvel-.html
DIMA, ALTERNANCE ET TROISIÈME « PRÉPA-PRO »
Le dispositif de préapprentissage DIMA pour les élèves de moins de 15 ans, dans les CFA ou les UPA des LP, est suspendu dès la rentrée 2013 en attendant l’abrogation de la loi Cherpion. Mais les dispositifs d’alternance en Quatrièmes sont maintenus et les Troisièmes PrépaPro, expérimentées en 2011-12, sont généralisées et se substituent aux Troisièmes DP6. Or, c
PROGRAMME ÉCLAIR
Circulaire n° 2010-096 du 7/07/2010
Arrêté du 21/06/2011 (BO du 7/07/2011)
Sans bilan ni concertation, le ministère a supprimé le label RAR et a étendu d’autorité à la rentrée 2011 le programme CLAIR (Collèges et Lycées pour l’Ambition, l’Innovation et la réussite) de 105 à 325 établissements du second degré et aux écoles de leurs secteurs. L’extension n’a concerné que les collèges (+ 220 pour un total de 297). Massivement refusée par les personnels, elle signe le démantèlement éclair de l’éducation prioritaire, recentrée sur un très faible nombre d’établissements. Le dispositif ÉCLAIR, instrumentalisant le « droit à l’expérimentation » (art. 34 de la loi Fillon), est un laboratoire de déréglementation des établissements, des statuts, et de dérégulation de la gestion des personnels. Les établissements ne recevront d’éventuels moyens supplémentaires que sur la base d’une contractualisation avec le recteur. La Lettre aux personnels, parue au BOn° 26 du 26 juin 2012, précise que les ÉCLAIR sont maintenus à la rentrée « de façon à éviter toute désorganisation », mais annonce une réforme de l’éducation prioritaire. Autant de raisons de refuser lettres de mission et autres déréglementations
http://www.snes.edu/ Les-etablissements-labellises.html
Cahier de textes numérique
Circulaire parue au BO n° 32 du 9/09/2010
Le cahier de textes numérique (CTN) est obligatoire depuis la rentrée 2011 et remplace le cahier de textes papier. Un débat doit avoir lieu sur sa mise en œuvre (choix, besoins en équipement). Il faut exiger de la transparence : qui a accès à quoi (ce document n’est pas public) ? Pour le SNES il est hors de question qu’il devienne un outil de « flicage » des personnels. Une « charte utilisateurs » doit être rédigée et validée en CA. Les personnels ne sont pas concernés par cette charte.
Attention aux éventuelles pièces jointes. En l’absence de précisions réglementaires concernant les droits d’auteur et la propriété intellectuelle, le SNES conseille de renseigner le CTN au minimum : sommaire du cours, travail donné, nom du fichier disponible sur le réseau pédagogique si besoin.
Pour plus d’informations : http:// www.snes.edu/Cahier-de-texte-numerique-ENT.html
Langues vivantes
Globalisation et annualisation des horaires
(Circulaire de rentrée 2012 BO du 29/03/12)
Annonce de l’expérimentation de la globalisation des horaires de LV dans 10 % des collèges, chaque élève disposant de 684 heures de LV sur l’ensemble de sa scolarité au collège, ce qui peut justifier des tentatives d’annualisation des services des enseignants. Cette disposition fait suite à la globalisation LV1- LV2 dans certaines séries du lycée, et ne permettra en rien une meilleure maîtrise des LV par les élèves. Le SNES rappelle son attachement à une définition hebdomadaire des services et des enseignements, et appelle à s’opposer à toute tentative d’annualisation et de globalisation : http://www.snes.edu/petitions/ index.php?petition=24
L’enseignement par groupes de compétences n’est pas obligatoire et ne peut se faire sans vote préliminaire au CA : http://www.snes.edu/-Groupes-decompetences-.html Concernant les nouvelles épreuves au baccalauréat, le SNES revendique des épreuves terminales et nationales pour l’ensemble des séries : http://www.snes.edu/-Baccalaureat-LV-Reformedu-lycee-.html
AVS
PROFESSIONNALISATION OU PÉRENNISATION ?
Le candidat François Hollande s’était engagé à lancer « une concertation approfondie sur les métiers de l’accompagnement des élèves handicapés, pour aboutir à un cadre d’emploi pérenne ». Car si aujourd’hui plus de 35 000 personnels exercent ces missions, ils sont sous statut d’assistant d’éducation, ou sont employés en contrats aidés (CUI). Pour le SNES et le SNUipp, leur précarité est préjudiciable aux élèves comme aux personnels. Depuis la loi du 11 février 2005, la scolarisation des élèves en situation de handicap n’a cessé de croître et le second degré est en passe de rattraper son retard. Encore faut-il que les conditions d’accueil et d’accompagnement dans les établissements permettent à ces élèves d’entrer dans les apprentissages dans les meilleures conditions. Les représentants des ministres ont confirmé la volonté de reprendre ce chantier avec tous les partenaires à l’automne, en travaillant à un référentiel métier permettant d’aboutir à la professionnalisation. Concernant la pérennisation, ils ont indiqué que les ministres sont « sensibles à la situation de ces agents », et que « cela fera partie des discussions ». Le SNES et le SNUipp y défendront l’idée que ces fonctions correspondent à un besoin permanent du service public qui justifie la pérennisation de ce métier dans le cadre de la fonction publique.
colleges@snes.edu
2011 - 2012
Professeurs principaux, une tâche qui s'alourdit, des missions qui s'accumulent
Les enseignants qui acceptent cette responsabilité voient d’année en année leur charge de travail s’alourdir : en effet, sous prétexte qu’ils perçoivent la part modulable de l’ISOE, tout est bon pour leur imposer de nouvelles tâches.
Après les heures de vie de classe, la préparation et le suivi des stages en entreprises en Troisième, on leur demande aujourd’hui de proposer une note de vie scolaire, de valider le B2i, d’assurer un entretien obligatoire d’orientation en Troisième, de recevoir les familles et de monter les projets pour les PPRE.
Avec les livrets de compétences qu’ils vont devoir renseigner cette année, autant dire que la coupe est plus que pleine !
La fonction de professeur principal est une tâche intéressante, à laquelle tiennent les enseignants qui travaillent, dans ce cadre, au plus près des familles. Mais ils ne peuvent plus accepter un tel alourdissement de la charge de travail et une telle dénaturation de leurs missions.
Histoire des Arts
Il s'agit de l'épreuve orale d'histoire des arts, affecté du coefficient 2. Ce n'est pas une option mais une épreuve coefficientée pour le DNB.
Le Snes s'est opposé à une introduction de ce champ d'enseignement en particulier parce que celui-ci n'est pas assorti d'un cadrage national.
Après un rapide bilan, suite à une consultation de rentrée d'un certain nombre de collèges de Paris, il apparaît que l'organisation est interne aux établissements.
Le Snes continue à faire valoir l'idée que l'évaluation doit porter sur un ou plusieurs travaux réalisés en classe, afin que les inégalités ne soient pas accentuées.
Pour le pseudo cadrage, voir arrêté du 9 juillet 2009 (Journal officiel n°31 du 27 août).
Pour ce qui concerne la demande légitime de temps de concertation, cela relève du rapport de force dans l'établissement. Les élèves ont droit à une préparation digne de ce nom et à une épreuve sérieuse qui ouvre la possibilité au plus grand nombre de réussir. Cela ne peut se faire sans des moyens alloués aux équipes.La nouvelle épreuve d’histoire des arts ne sera obligatoire qu’à partir de la session 2011. L’expérimentation de cette épreuve pour la session 2010 se fait sans cadrage national malgré les demandes répétées du SNES qui exige :
• que seuls des travaux réalisés en classe puissent être évalués.
• que les oraux ne soient pas organisés sur le temps de cours, mais dans le cadre d’une ou plusieurs demi-journées banalisées.
• que les membres du jury soient rémunérés
• que les collègues impliqués dans cet enseignement bénéficient d’un temps de concertation.
Le SNES exige du ministère un bilan de cette expérimentation et sa publication. Il appelle les collègues, au niveau local, à se saisir du débat et à poser des revendications dans le cadre des heures d'info syndicales.
En tout état de cause nous estimons que les conditions actuelles de mise en place de cette épreuve ne permettent pas d’envisager son extension à l’ensemble des élèves de troisième à la rentrée prochaine.Nous demandons l’intégration dans les services des heures de concertation nécessaires à la mise en place de l’enseignement inter-disciplinaire de l’histoire des arts.
L’Histoire des arts et les effets
du renforcement de l’autonomie…
des chefs d’établissement
Face aux difficultés que rencontrent les collègues dans la mise en place de l’évaluation de l’HDA voici plusieurs constats :
Des collègues sont convoqués en dehors de leur service sans rémunération spécifique, dans un établissement les contenus des épreuves et les modalités d’examen sont choisies par le principal adjoint. L’administration impose à certains collègues de participer aux jurys, alors qu’ils n’ont pas de formation en histoire des arts. Il met ainsi particulièrement ces collègues et les élèves dans une situation difficile.
Les modalités sont définies par l’équipe pédagogique, l’évaluation est organisée sous l’autorité du chef d’établissement dans le cadre de l’emploi du temps des élèves, c’est l’administration qui prévoit les salles, les convocations…
Ce sont les professeurs qui décident du moment opportun de la tenue de cette évaluation.
Pour un cadrage national de l'epreuve d'histoire des arts au brevet
Note de vie scolaire
Quels sont les textes de référence ? Quand cette note doit-elle entrer en vigueur ?
L’article 2 de l’arrêté du 1er juin 2006 stipule que la note de vie scolaire est affectée du coefficient 1 pour le brevet. Cette disposition prend effet à la session 2007.
Le Décret n° 2006-533 et l’Arrêté du 10 mai 2006 (BO n° 22 du 1er juin 2006) précisent sur quoi porte cette note et comment elle est attribuée.
La Circulaire n° 2006-105 du 23 juin 2006 (BO n° 26 du 29 juin 2006) précise les conditions de mise en œuvre de cette note.
Cette note doit entrer en vigueur dès le conseil de classe du 1er trimestre pour tous les élèves de 6ème à la 3ème.
Qui doit attribuer la note de vie scolaire ? et quand ?
C’est le chef d’établissement qui attribue la note, sur proposition du professeur principal de la classe et après avis du CPE. Cette note est communiquée au conseil de classe à chaque trimestre et portée sur le bulletin trimestriel.
Avant de faire sa proposition, le professeur principal doit avoir consulté au préalable l’ensemble de l’équipe pédagogique de la classe.
Peut-on empêcher la mise en place de cette note ?
Faut-il appliquer une mesure dont on sait qu’elle sera souvent injuste et inefficace et qu’elle génèrera des tensions supplémentaires dans les collèges ? Le SNES a estimé que non.
Il appelle l’ensemble des enseignants à refuser collectivement de proposer quelque note que ce soit, et les CPE à refuser de donner un avis dans ce cadre.
Nous sommes conscients que cette consigne ne peut pas empêcher la mise en place de la note, puisque c’est le chef d’établissement qui l’attribue, mais elle peut faire réagir bon nombre de principaux qui ne pourront pas matériellement trouver le temps d’évaluer chaque élève, surtout si leur collège compte 700 élèves ou plus ! Cette consigne permet aussi de faire remonter au ministère que les enseignants et CPE ne veulent ni de cette note ni de ses effets pervers.
Programme personnalisés de réussite Educative (PPRE)
La loi Fillon du 23 avril 2005 prévoit que le chef d’établissement propose un PPRE à tout élève qui risque de ne pas maîtriser les connaissances et les compétences indispensables à la fin du cycle. La circulaire du 25 août 2006 précise que les difficultés prises en compte sont prioritairement d’ordre scolaire, en français, mathématiques ou langue vivante, soit une partie seulement du socle commun que tous les jeunes sont censés acquérir avant la fin de la scolarité obligatoire. L’élève en difficulté serait ainsi privé de l’ensemble de la culture scolaire et cantonné à des exercices répétitifs.
Les PPRE ont fait l’objet d’une expérimentation en 2005-06 dont la synthèse n’a pas été rendue publique avant la généralisation à tous les collèges. Un rapport publié par l’IG suite à cette expérimentation pointait déjà deux difficultés : un dispositif mal cadré, des objectifs mal définis.
Les PPRE ont été en principe étendus au cycle central depuis la rentrée 2007. Les échos sont accablants : multiplication auprès des élèves d’intervenants divers leur donnant des consignes parfois contradictoires, labellisation PPRE de dispositifs qui n’ont rien à voir (tutorat d’élèves de 6ème par des élèves de troisième, par exemple) même s’ils peuvent avoir leur pertinence dans un autre cadre.
Les moyens n’ayant pas été dégagés, ce sont souvent les heures d’ATP de sixième qui ont été transformées en HSE pour pouvoir mettre en place ce dispositif, on passe à un « coup de pouce » ponctuel et le plus souvent non concerté. Or le PPRE s’adresse aux élèves en grande difficulté, ceux là même qui ne peuvent tirer profit d’un dispositif trop ponctuel. Ils n’ont pas besoin d’un « petit cours » de plus, mais d’une pédagogie différenciée sur la durée qui leur permette d’entrer réellement dans les apprentissages.
Alors que la loi Fillon prétend viser la réussite de tous, un paragraphe de la circulaire sur les PPRE affirme déjà que l’alternance collège/entreprise dès la 4ème constitue "une réponse plus adaptée aux besoins de certains élèves" que la poursuite d’un PPRE. Ce passage montre bien qu’avec le socle commun et les PPRE, c’est un collège à plusieurs vitesses et l’éviction précoce de nombreux élèves que l’on organise.
Pour toutes ces raisons, le SNES demande l’abandon des PPRE au profit de réelles modalités d’aide aux élèves, dans et hors la classe.
RAPPORT IG juin 2006
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